
Imaginez-vous au milieu des années 2000. Vous avez une dizaine d’années et vous trépignez d’impatience parce qu’il est l’heure de regarder un vos programmes préférés. Netflix n’étant pas encore une plateforme de VOD, vous savez que vous ne pouvez pas rater cet épisode, sinon vous ne savez pas quand il sera diffusé de nouveau. Fébrile, vous appuyez sur votre télécommande et tout d’un coup, le générique se lance d’un des meilleurs dessins animés de ses vingt dernières années, les W.I.T.C.H. C’est une série d’animation jeunesse possédant 2 saisons comptabilisant 52 épisodes. Diffusée en France sur Disney Channel, à partir de 2005 et développée par Andrex Nicholls, Darell Vickers et Greg Weisman. L’œuvre est une adaptation de la BD italienne du même nom, scénarisé par Elisabetta Gnone et dessiné par le fabuleux, le magnifique, le talenteux Alessandro Barbucci (cœur sur lui et à toute sa famille). L’histoire de W.I.T.C.H débute par Will, une jeune ado, qui emménage dans une nouvelle ville. Elle rencontre ainsi quatre autres filles de son âge: Irma, Taranee, Cornélia et Hay Lin. Ensemble, le groupe découvre qu’elles sont des gardiennes, des êtres puissants dotés de pouvoirs magiques, chacune pouvant contrôler un élément. Leur mission ? Protéger la muraille qui sépare Méridian, un monde magique et obscur, de la Terre et surtout vaincre l’horrible prince Phobos. La série se paie donc le luxe d’être à la fois un très bon dessin animé mais aussi un hommage au genre magical girl.

LES ANNEES 2000, LE SECOND AGE D’OR DES MAGICAL GIRL
Bon, je sais que sur le blog, c’est le mois des sorcières et que normalement toutes les critiques de ce blog doivent avoir une sorcière comme point commun et que les WTICH n’en sont techniquement pas. Oui, car les W.I.T.C.H n’ont de sorcière que le nom de la série, durant toute l’œuvre elles sont qualifiées de gardiennes, c’est leur rôle et leur but, protéger la Terre. Mais on ne va pas chipoter et je ne voulais pas manquer un prétexte pour parler de ce dessin animé qui a marqué mon enfance. On peut dire que depuis les années 1980/1990, les magical girl ont connu une forte popularité. Venant du Japon, c’est un genre qui s’est démocratisé grâce à la popularité d’œuvre comme Sailor Moon à l’international, jusqu’au milieu des années 2000 avec des animes comme Sakura la chasseuse de cartes ou encore Magical Doremi. Dans ce type d’histoire, une jeune fille se voit doter de pouvoirs magiques. A l’aide d’un objet (généralement un objet très féminin comme un bijou), elle peut se transformer et devient plus forte à l’aide de ses pouvoirs. La transformation est un un pattern important dans le genre magical girl, il est accompagné d’un clip animé, c’est un rituel où la jeune fille passe de personnage ordinaire à super héroïne. Après la transformation la magical girl a un physique un peu plus adulte, elle est maquillée et elle porte un costume avec des attributs magiques très féminins (par exemple elle peut porter une robe, une jupe ou des bottes…en somme une tenue parfaite pour se battre) . Et comme tout ce qui est populaire est repris par les autres, ce genre s’est propager en Occident. De ce fait, au début des années 2000 ont vu naître des séries comme les W.I.T.C.H ou encore les WINX (série du même acabit sauf qu’on suit des fées) et encore aujourd’hui on peut penser à Miraculous ou encore Lolirock (qui est SOUS-COTÉ).

UN MODE D’EMPLOI POUR CRÉER UN BON DESSIN ANIMÉ POUR FILLES
La qualité que j’appréciais le plus dans W. I. T. C. H, c’est que c’était une série qui ciblait les jeunes filles mais offrait un réel univers de fantasy. Généralement dans ce genre d’œuvre qui possède un univers magique pour petites filles, le côté fantasy est aseptisé et c’est très cliché : l’univers magique est rose, les héroïnes sont des fées, au mieux des magiciennes, les êtres magiques sont des licornes ou des créatures toutes mignonnes avec des poils soyeux. Tout est fait pour que cela reste mignon et chatoyant. On ne ressent pas forcément le danger, même les antagonistes n’ont pas l’air menaçants contrairement aux dessins animés pour garçons qui n’hésitent pas à montrer de la violence (toute proportion gardée bien entendu) et des vraies scènes de combats. Et là, dans cette série, ENFIN on a des orcs, des créatures horriblement moches, qui font peur, dans un monde sale et crade où il pleut et il fait sombre tout le temps. OUI c’est ce qu’on veut pour ce public cible, les petites filles ne sont pas chochottes qui vont se mettre à hurler si elles voient de la boue. Je ne dis pas que le rose c’est mal ou que ce n’est pas bien de mettre une licorne mais que cela fait plaisir de regarder une œuvre qui cible une jeune audience féminine sans la sous-estimée et qui cherche à créer une bonne histoire avant tout.
Tous les personnages ont leur importance et sont attachants. On commence l’histoire par Will, qui est celle qui possède le cœur de Kandrakar , Irma, qui contrôle l’eau, celle qui aime bien balancer des vannes en étant sarcastique ; Taranee, la gardienne du feu, plus discrète c’est celle qui tempère les autres ; Cornélia qui tire ses pouvoirs de la terre et qui est qui est une fashionista. Oui car si la blonde n’est pas superficielle et ne pense pas qu’aux garçons, ce n’est pas un dessin animé pour filles et enfin Hay Lin, qui maîtrise l’air, la best, la plus choupie. Dans le groupe, on peut avoir une préférée et il est vrai que la série met certaines en avant mais il n’y a pas cette impression que certaines soient délaissées et voir carrément oubliées comme Tecna dans les Winx ou Alex dans les Totally Spies. La dynamique de groupe fonctionne bien et une grande place est laissée pour l’amitié: on assiste aux disputes et aux réconciliations entre Irma et Cornélia mais, Will qui ne sent pas à sa place au sein du groupe, au début tout du moins, car c’est la nouvelle ou encore l’amitié Cornélia et Elyon qui est moins superficielle qu’on peut le penser. Par ailleurs, elles n’ont pas toute une histoire d’amour et les romances qui sont proposées sont maîtrisées et ne prennent pas le pas sur l’histoire principale et les prétendants sont attachants (en revanche le design graphique de Matt est beaucoup mieux dans la BD). Oui, j’avoue que j’ai fais quelques subblis sur Winx mais c’est parce que les deux séries ont souvent été comparées, étant toutes les deux des magical girls suivant un groupe de copines. On peut préférer l’un à l’autre mais il est clair que Winx a eu beaucoup plus de succès éclipsant, malheureusement les W.I.T.C.H. Etant annulée au bout de deux saisons faute d’audience, cette dernière est moins passé à la postérité alors qu’elle mérite aussi les honneurs.
W. I. T. C. H a donc moins fonctionné et que Disney avait beaucoup misé dessus (on peut notamment repenser aux WITCH magazine qui est devenu Disney Girl magazine) mais c’est une série qui a su gagner le cœur des critiques et celui des fans. Par la suite, elle a ainsi permis d’ouvrir la voix à toute une nouvelle génération de magical girl.
