
En mai dernier est sorti sur Netflix la quatrième et dernière saison de Castlevania, permettant ainsi de clore les aventures de nos héros. Toujours avec Warren Ellis à la barre, l’action se place six semaines après la saison 3. On retrouve nos protagonistes là où on les avait laissés : Trevor et Sypha continuent de voyager et de se battre là où les problèmes naissent, ce qui agace profondément cette dernière. Le couple arrive finalement dans une ville, Târgoviște, la ville où la femme de Dracula fut tuée et qui donc fut la première à subir de fortes représailles du vampire et qui aujourd’hui est surveillée par deux vampires, Varney et Rakto. Là-bas, ils découvrent Zamfir, la cheffe de la cour souterraine de la ville. Hector le forgeron qui est toujours enchaîné à Lenore et il essaie de mener à bien les missions qu’on lui demande tandis que le reste des vampires sont chacune à leur poste. Pendant ce temps, un cheval portant un homme mort arrive chez Alucard avec un message demandant de l’aide. Malgré une première partie de saison un peu molle, la série se rattrape dans sa deuxième partie pour nous offrir une fin dantesque.
UNE SAISON AVEC DES MALADRESSES
Pour être honnête avec vous, j’ai mis du temps à entrer dans l’intrigue. Il y a une certaine mise en place des éléments qui est assez lente. Le temps que tout se remette en place, que Trevor et Syspha débarquent encore quelque part et découvre leurs alliés et leurs nouveaux ennemis, ou encore qu’Alucard accompli d’une nouvelle tâche, ici aider Greta du village de Danesti et qu’il rencontre Saint-Germain, personnage déjà aperçu dans la saison 3. Une fois que les nouvelles intrigues sont lancées, ma curiosité a repris le dessus à partir de l’épisode 6 et le combat entre Isaac et Carmilla. Malgré tout, je ne peux ignorer certaines déceptions comme la mise en retrait de certains personnages. Je pense beaucoup à Carmilla que j’ai trouvé franchement secondaire, voire quasi inexistante dans cette saison. Enfin si je vous rassure, elle est présente, elle apparaît de temps en temps mais on ne parle plus d’elle qu’on ne la voit. Les autres personnages ne cessent de répéter à quel point elle complote et qu’elle s’isole. Clairement on veut la faire passer pour une investigatrice, pour une personne qui est rongée par le pouvoir et qui veut toujours plus. Soit, ce n’est pas comme si cela faisait deux saisons que la vampiresse est ambitieuse mais pourquoi pas le rappeler mais surtout, il aurait été plus intéressant de nous le montrer à l’image plutôt que d’être très verbeux sur ce point-ci. J’ai trouvé bien plus de dangerosité chez Saint-Germain durant cette saison dont le dessein est enfin dévoilé : il rêve de retrouver sa femme disparue dans le Corridor Infini et il est prêt à tout pour cela, quitte à y laisser son humanité. Il a littéralement sacrifié toute sa moralité, jusqu’à tuer pour atteindre son but (personne n’a répété à quel point Saint-Germain était ambitieux et qu’il fallait faire attention à lui, ses actes parlent d’eux-mêmes). Pour rester dans le thème des vampires, il faut qu’on parle du traitement de Morana et Striga. Autant au début, elles sont présentes, on les voit agir et échanger entre elles sur le doutes et leurs envies (ce qui était intéressant à suivre, j’aimais leur arc personnelle) mais elles ont complètement disparu après la mort de Carmilla. Alors, oui après, elles ont décidé de partir, soit, mais on n’en entend plus jamais parler par la suite et je trouve dommage d’en finir comme ça avec elles après leur avoir donné une certaine importance.
J’aimerais revenir sur le sujet qui m’a le plus fait tiquer : Belmont qui se bat contre la Mort. Vraiment ? Je n’ai jamais joué à Castlevania, je ne sais pas si cela peut arriver dans les jeux mais d’accord je pourrais l’accepter même si cela m’a paru surréaliste (et ce n’est pas parce que nous somme dans une série avec des vampires que c’est open bar et qu’il ne doit pas y avoir de vraisemblance dans l’univers). Ce qui m’a le plus énervé c’est que le personnage de la Mort apparaît au neuvième épisode dans une série qui en comporte dix. Et qu’il se fait rétamer cinq minutes plus tard. Comprenez bien, nous ne sommes pas dans un jeu vidéo, on n’introduit pas le boss final un épisode avant la fin car ela empêche de développer un quelconque ressenti envers l’antagoniste. On ne ressent pas de peur ou d’effroi, on ne se dit pas qu’il est vraiment menaçant parce qu’on ne le connaît pas (même si on parle d’une entité comme la Mort). Du coup cela gâche l’importance du combat, il y a un manque d’investissements qui se crée lors du combat final (bien qu’il fût très beau) à aucun moment je n’ai eu peur pour Trevor (et je ne vais pas parler de sa fausse mort ici). Certains éléments furent donc placés avec beaucoup de maladresses et avec un manque de développement, ce qui est dommage pour une série qui comporte autant de qualité.

DES QUETES INTERIEURES ACCOMPLIES
La précédente saison a surtout servi à faire évoluer psychologiquement les personnages, beaucoup de personnages avaient connu des trahisons ou des remises en question. Et le premier à qui on pense c’est à Hector, forcément. Le maître forgeron s’était fait trahir deux saisons d’affilé et on peut dire que cela lui à servi de leçon (enfin!). Il est plus appréciable dans cette saison aussi, moins naïf et plus posé. Il est, certes, enfermé, mais il essaie d’agir à son échelle, comme en mettant des petits pièges un peu partout dans le château. Il sait qu’il est coincé mais au lieu d’être hostile il s’accommode comme il peut. Même sa relation avec Lénore s’en retrouve changer. Avant, on voyait qu’elle avait l’ascendant sur lui et qu’il était son prisonnier depuis il est devenu comme son conseillé voire son confident. On ne peut pas évoquer Hector sans parler de mon chouchou, j’ai nommé Isaac. C’est sans aucun doute le meilleur personnage, ça ne bouge pas. Il ne déçoit jamais et son évolution est cohérente et fluide. Toutes ses interventions étaient pertinentes et incroyables. On voit qu’il est plus apaisé que dans les précédentes saisons, qu’il a plus de cœur et moins de rancœur. La preuve, il a épargné Hector alors que son but était de se venger à la base. Il veut construire un monde nouveau mais pas avec les méthodes d’autrefois.
Pour ce qui est de Lénore, son suicide est assez ironique quand on sait qu’elle a permis à l’enfermement d’Isaac et au fait qu’il était son esclave (ou son jouet selon elle) mais qu’elle n’a pas pu accepter de vivre une vie d’enfermement, à la merci des autres. Son suicide fut une libération pour elle, le fait de choisir sa mort est quelque part une victoire. Elle est, certes, limitée mais elle sait ne veut pas vivre ainsi. On peut faire un parallèle avec le suicide de Carmilla qui ne voulait pas mourir entre les mains d’Isaac (my boy) et qui a préféré mettre un terme à sa vie. En fait, quasiment tous les personnages trouvent une sortent de paix intérieure. S’ils n’obtiennent pas forcément exactement ce qu’ils voulaient, ils finissent par avoir ce dont ils avaient besoin. Alucard qui était rongé par la solitude finit par construire une communauté avec Greta autour de son château, il n’est donc plus seul, il s’ouvre aux autres de nouveau. Trevor et Sypha vont devenir parent ce qui va permettre à Trevor va transmettre le nom des Belmont, lui qui était le dernier descendant de cette maison. En outre même si les retrouvailles du trio furent de courte durée cela resta un plaisir à voir. Se retrouver dans une bataille est un peu orthodoxe mais cela correspond bien à leur amitié. Par ailleurs, les combats sont tout bonnement sublimes, depuis la première saison, la série nous sort du caviar et cette dernière ne déroge pas à la règle. La montée en puissance est bien menée et juste pour les derniers épisodes la série mérite d’être vue.
Cette dernière saison n’est pas donc pas mauvaise, bien qu’elle ne soit pas exempte de maladresses. Elle permet de conclure brillamment une série qui reste palpitante à suivre. Les défauts sont vite oubliés, une fois que l’on rentre dans le vif du sujet, nous laissant un spectacle à la hauteur des attentes. Une saison à dévorer de toute urgence.