
La saison 3 de Castlevania est disponible sur Netflix. Ecrit par Warren Ellis (Hellblazer, Transmetropolitan), cette nouvelle saison contient cette fois-ci 10 épisodes (contre 4 pour la saison 1 et 8 pour la saison 2). L’histoire se déroule un mois après les précédents événements, depuis la mort de Dracula, les cartes sont redistribuées et chacun essaie de tirer son épingle du jeu… Comme pour les saisons précédentes, on continue de suivre plusieurs personnages dans leurs arcs respectifs. Trevor Belmont et Sypha Belnades voyagent, continuent d’aller de lieu en lieu pour aider les gens, et sauver la veuve et l’orphelin. Un jour, ils s’arrêtent dans un village un peu étrange dans lequel le juge leur demande de l’aide pour une affaire un peu spéciale. Adrian Alucard Tepes est confiné chez lui, il ne sort plus, jusqu’à ce que deux humains frappent à sa porte. Isaac veut se venger de son ancien ami forgeron et fait un long voyage avec ses monstres, il fera de nombreuses rencontres qui le bouleverseront en bien comme en mal. Carmilla est retournée à Systri, avec ses sœurs, échafaudant un plan pour *prend la voix de Cortex* tenter de contrôler le monde. Quant à Hector , il est son prisonnier.
La saison 3 est la suite logique deux précédentes saisons. Elle est dans la droite lignée de ce qui a été fait avant et développe ce qui a été poser comme base. On revient à des thématiques familières comme l’église, la corruption mais surtout le pouvoir et le contre-pouvoir. Les personnages sont confrontés à des forces qui les dépassent, à eux de voir s’ils veulent les rejoindre ou lutter contre. On peut penser à Hector qui sans doute la situation la plus complexe. Il se retrouve être emprisonné par Carmilla, seul et vulnérable, il ne peut faire confiance à personne (et encore moins aux vampires autour de lui) et en même temps il doit composer avec eux pour survivre. Je dois bien le reconnaître il est dans une situation compliquée cependant il reste assez naïf. J’ai sérieusement pensé que ses mésaventures lui avaient appris la leçon, qu’il serait plus méfiant que ça mais, que nenni, toujours aussi manipulable. Face à Lenore, il se laisse attendrir beaucoup trop facilement à mon goût, bien qu’il est vrai qu’il n’a que peu de choix. Seul, il se laisse amadouer dès qu’on lui montre un peu de chaleur et de bienveillance. Il se retrouve à lutter pour sa propre survie, quitte à prendre des risques. Mais il est dommage de le voir se faire berner une nouvelle fois, non par non-choix mais parce que, encore, une fois il a fait confiance trop facilement. On peut voir à quel point certains personnages ont l’ascendant sur d’autres.

Sypha et Trevor ont un peu ce même problème, ils se retrouvent entre la politique et l’église. L’église qui devenu corrompu dirigé par un homme étrange et gagne du terrain tandis que le Juge du village tente de contrôler la situation. On voit la tension qu’il y a entre les deux, l’envie de contrôler et de garder le pouvoir. Trevor et Sypha y voient une nouvelle mission excitante mais ils vont être en première ligne de cette « guerre» qui ne dit pas son nom. C’est davantage un arc qui est censé faire grandir Sypha que Trevor, c’est elle, qui à la fin, s’en retrouve changée. Trevor est habitué à la noirceur et ne peut que veiller à ce qu’elle ne soit pas totalement affectée. Quant à Isaac, il a, pour moi, le meilleur arc et la meilleure évolution. Il se pose des questions sur la nature humaine, bien qu’humain il veut l’extermination de la race humaine, il se montre sans pitié, sans concessions au début puis il va être amené à repenser sa position. Il se demande si l’homme est si mauvais, des rencontres vont lui offrir une autre vision de l’humanité, tantôt bonnes tantôt mauvaises, Isaac se rend compte que l’être humain est un être plus complexe et nuancé, ce qui ne peut coller à sa vision très entière des choses. Pour moi, Alucard a l’arc le moins intéressant selon, il est empêtré dans sa solitude au début, presque à en devenir fou, avant la venue de Sumi et Taka. Il devient leur mentor, il les aide et les entraîne et puis…la conclusion est assez prévisible. Ce qui importe c’est la fin et les conséquences psychologiques sur Alucard, qui petit à petit, peut éventuellement devenir comme son père.
Cette saison aborde les tréfonds de l’âme humaine. Effectivement, tous les personnages sont confrontés au pire de l’homme : la haine, la destruction, le sadisme, la trahison par quelqu’un de confiance. C’est un triste tableau de nos pires défauts. Même les plus optimistes (coucou Sypha), se retrouvent éclaboussés par la noirceur du cœur de l’homme. Chaque personnage va être confronté à un humain démoniaque, cruel ou négatif. Alors qu’à prime abord on pourrait penser que les vampires sont pires que les hommes, on remarque que ces derniers ne sont pas en reste, et qu’ils ne sont pas mieux. Par haine, par intérêt ou par peur ils vont commettre les pires atrocités. Chaque personnage va connaître la trahison et comprendre qu’il ne peut pas accorder sa confiance à n’importe qui. Ils en ressortent tous assez meurtris et bouleversés de leurs aventures. Devant tout ça, Isaac se positionne en tant que juge, se pose la question, tout au long de son voyage, il rencontre des gens bien d’autres mauvais et en tirera ses propres conclusions. Une des choses qui est plaisante c’est la sororité de Carmilla et de ses sœurs. Ensemble, elles échafaudent un plan et se montrent fidèles les unes aux autres. Chacune a un rôle et sa fonction et ensemble et elles forment un tout cohérent. Au début, on pourrait penser que l’une voudrait tirer son épingle du jeu et allait trahir les autres, on observe, on guette, mais finalement rien n’arrive. La sororité et la loyauté se retrouvent à être dans le camp qu’on attend le moins, en contraste total avec les humains.

On peut en conclure que cette nouvelle saison garde la même approche et la même atmosphère de ce qui a été fait : on retrouve cet univers cruel qui est dépeint avec ses personnages qui luttent pour ne pas être noyé par ce monde. Toujours aussi sanglant, cet arc permet de marquer un tournant psychologique pour la plupart des personnages qui en ressortent changer. Une fois qu’on a les tenants et aboutissants, tout devient vraiment intéressant et on a une vu surplombante des rouages mis en place. Chacun vit ses expériences de son côté, il sera intéressant de les voir se réunir à nouveau avec leur nouvel état d’esprit. La guerre se prépare lentement mais surement, tenez-vous prêt !