
Vermin est une série d’animation produite par bobbypills, l’équipe de Lastman derrière (Balak, tout ça). C’est une série pour adultes de 10 épisodes très courts (un peu moins de 10 minutes). L’histoire raconte les aventures de Mantos, une mante religieuse qui quitte sa cambrousse pour suivre les traces de son père en devenant policier dans une grande ville. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu : il se retrouve à faire équipe avec Chemou, une mouche alcoolique et colérique, dans une ville gangrené par la violence, il n’est pas au bout de ses surprises.
Nous pénétrons dans un univers d’insectes anthropomorphes où tout paraît crade et terne, dans une ville dans laquelle le taux de criminalité est élevé avec imagerie du monde des insectes. Mantos est jeune naïf et gentil, il quitte sa cambrousse afin de construire en ville les yeux remplis d’espoir, pensant que le métier de policier est une vocation quand on est empli de justice et de courage. Il espère mener à bien sa mission, il est idéaliste, il se heurte à la dure réalité. C’est une sorte de Morty il n’est pas à l’aise dans la vie de tous les jours, il est bien trop gentil et maladroit pour affronter le monde qui l’entoure ce qui l’embarque dans des mésaventures dont il se serait bien passé. Mantos se prend tout dans la gueule, entre la malchance ou le fait que sa crédulité se retourne contre lui. Il me rappelle vraiment Morty de Rick et Morty dans une certaine mesure. Quant à Chemou, elle, est tout son contraire. C’est mouche, alcoolique, vulgaire, sarcastique. Elle cache en réalité un traumatisme qui impliquait son ancienne partenaire.
Je dois vous avouer quelque chose : je n’aime pas les Kassos. Le genre sketch vulgaire qui tient sur 2 minutes c’est n’est pas ma tasse de thé. Alors, autant vous dire que quand j’ai vu que c’était plus ou moins la même équiper derrière, je n’étais pas spécialement attirée par Vermin à sa sortie. Finalement, j’ai été agréablement surpris. Le rythme est bien meilleur que dans Les Kassos qui était un concentré de blague sur blague. Ici, l’humour est mieux dilué et sert la trame avant tout (et non l’inverse). Oui c’est vulgaire, c’est de l’humour bête mais comme on aime. Ce n’est clairement pas recherché (il y a même des blagues scatophiles). Mais c’est hautement divertissant, leurs aventures sont tellement rocambolesques qu’à chaque épisode on se demande comment se fait-il qu’ils ne sont pas encore faits radier de la profession ou tuer.
Chacun des personnages va faire face à son passé Chemou avec son traumatisme et Mentos par rapport à sa famille. Bien que leur relation commence assez mal, pour des broutilles on sent au fil des épisodes (bon ok surtout vers la fin) qu’ils s’apprécient et qu’ils tiennent l’un à l’autre malgré la malchance de Mentos et le côté non professionnel de Chemou. Ils forment à eux deux un duo de flics comme on les aime : avec des chamailleries, des hauts et des bas mais surtout une belle amitié.
Alors, en réalité il n’y a pas grand chose à dire sur Vermin mais cela me tenait à cœur d’en faire une critique, même brève. Car c’est une série feel good devant laquelle j’ai beaucoup ris et ai passé un excellent moment. C’est une bonne nouvelle qu’une série comme Vermin puisse être diffusée sur Netflix afin qu’elle puisse être accessible au plus grand nombre. Et cela montre que l’animation française a énormément à offrir. Le défi que s’est lancé bobbypills (créer 3 à 4 séries d’animation pour adultes) est louable et le studio est partie sur une bonne une lancée. Il engage des personnes confirmées (Balak, Baptiste Gaubert, Jérémie Périn etc) afin de créer un dynamisme dans le monde de l’animation française. Les séries possèdent un style bien à elles, avec de l’humour assez gras et un délire irrévérencieux, bobbypills se tient comme un lieu de rencontre des talents de l’animation. Je vous recommande d’aller voir cette œuvre.